3 DAYS OF PEACE & MUSIC

Woodstock ou l’apogée du rêve hippie

Après le succès de Monterey, un festival de musique est prévu les 15, 16 et 17 août 1969 à Woodstock. On attendait 50 000 participants mais ce sont plus de 450 000 personnes qui sont venues. La jeunesse bourgeoise et contestataire accourt passer du bon temps et écouter de la musique, sans savoir qu’elle assiste au chant du cygne du rêve hippie et de la contre-culture.

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« Trois jours de paix et de musique. Des centaines d’hectares à parcourir. Promène-toi pendant trois jours sans voir un gratte-ciel ou un feu rouge. Fais voler un cerf-volant. Fais-toi bronzer. Cuisine toi-même tes repas et respire de l’air pur. » (Publicité pour l’événement)

Plus que jamais, la musique de masse a pour vocation d’unifier la jeunesse et incarne ses valeurs avec optimisme. Elle mêle folk, rock, psychédélisme mais aussi soul et blues. La contestation prend plusieurs formes à travers ces différents courants mais il est difficile de les apprécier séparément lors de ce festival hors-normes. Les gens se rassemblent dans l’euphorie comme lors du Summer of Love.

Le rendez-vous des plus grands

Les plus grands artistes se relaient sur scène durant trois jours, parmi eux : Joan Baez, Janis Joplin, Creedence Clearwater Revival, Jimi Hendrix, The Who, The Grateful Dead, Jefferson Airplane, Joe Cocker, Santana, Crosby, Stills, Nash & Young, Ten Years After… De nombreuses prestations deviennent mythiques et le concert est immortalisé par le film Woodstock de Michael Wadleigh. Joni Mitchell écrit une chanson du même titre qui sera reprise par Crosby, Stills, Nash & Young.

Quelques jours de rêve suspendus…

Le festival se déroule remarquablement paisiblement étant données l’affluence et les conditions impliquées. Quelques accidents sont tout de même enregistrés mais peu, et malgré les installations insuffisantes, le monde, les embouteillages et tout autre désagrément qui aurait pu s’immiscer entre la « paix » et la « musique » exclusivement promises, les spectateurs repartent comblés. Sans doute n’y a-t-il pas eu d’événement musical comparable à Woodstock, l’harmonie sociale qui régnait pendant ces trois jours donnait l’impression d’un rêve lucide.

La fin du rêve hippie et de l’ère californienne

Et pourtant, quelques jours plus tard, le festival d’Altamont organisé en réponse à Woodstock, avec les Rolling Stones en tête d’affiche, vient contraster cette jolie parenthèse sonnant la fin du trip hippie. Cet évènement a marqué les esprits par la violence qu’il a abrité, due notamment au gang de motards Hell’s Angels chargés d’assurer la sécurité. Le meurtre de Meredith Hunter pendant que les Stones se produisait..
Le festival laisse un souvenir glaçant et l’on ne reverra plus jamais de concert de l’ampleur de ceux de Monterey et de Woodstock. En 1970, Crosby, Still, Nash & Young sort le titre Almost Cut My Hair (J’ai failli me couper les cheveux), qui témoigne subtilement de ce parfum de fin d’une époque, celle de l’optimisme des Sixties.
 Le geste de couper ses cheveux est un symbole fort, qui prend tout son sens en cette année 1970 au cours de laquelle l’ère hippie s’essouffle déjà. Mais l’espoir est contenu dans la nuance du « almost » (failli), et la chanson bien que mélancolique à plusieurs points de vue laisse entendre une possible continuation, une possible renaissance. Le rock Californien restera le paroxysme d’un style musical exaltant, qui a eu un impact considérable sur toute une génération de Babyboomers en crise identitaire. Et de nouveaux courants commencent déjà à éclore au début des années 70, délaissant la Californie pour se trouver un nouvel Eldorado, un nouveau rêve à défendre : le punk rock en Angleterre avec les Sex Pistols ou les Clash ; le hard rock qui prend entre autres ses racines dans le rock psychédélique avec Led Zeppelin, les Guns’n’Roses ou encore Deep Purple comme ambassadeurs…

Vers une possible résurrection ?

Aujourd’hui, alors que la mode est au hippie-chic, une nouvelle génération de musiciens rock nostalgiques d’un âge supposé d’or réinvestissent la Californie pour y retrouver les « vibes » de cette époque révolue. Ils y enregistrent des sons résolument rétro.
C’est le cas de Jonathan Wilson avec son titre Desert Raven qui se poste en héritier des Beach Boys, des Byrds ou d’América.
Mais l’exception socio-culturelle que furent les années 60 en Californie ne semble pas prête de se reproduire aujourd’hui. Les sons -plus individualistes- qui unissent les jeunes aujourd’hui, principalement lors des festivals de techno, incitent certes dans une moindre mesure à la rencontre, au partage, mais suggèrent aussi une distance et une introspection poussées.
Quoiqu’il en soit, l’immense oeuvre laissée par ces artistes de talent nous permet toujours aujourd’hui de toucher du bout des doigts ce rêve Californien… Elle nous transporte tour à tour sur des plages de sable fin aux vagues déferlantes, puis dans des champs au fin fond d’un coin paumé, au beau milieu d’une foule bruyante et rieuse.
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